Aurore Jacob en résidence

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Aurore Jacob / L’autrice

Autrice et comédienne, Aurore Jacob obtient un Master de théâtre à la Sorbonne en 2008. Elle s’intéresse à la matière du mot et à l’espace de la langue pour interroger le regard et notre rapport au réel. Elle affirme une écriture au bord de la performance qui met en scène les mots sur la page pour toucher à leur texture. Sa première pièce Sans L, est créée par Gilda Cavazza en 2009 au Théâtre Actuel et Public de Strasbourg dans le cadre du festival Coup de Pouce. Depuis, elle a participé à plusieurs projets et a notamment écrit Souvenirs au bord de mère, texte mis en voix en 2015 à Théâtre Ouvert par Sophia von Gosen, et Au bout du couloir à droite, pièce qui a reçu le prix d’encouragement du CnT en 2010, le prix des EAT en 2013, a été montée en 2014 par Olivia Grandville à Théâtre Ouvert et publiée à cette occasion. Au bout du couloir à droite sera reprise en juillet 2015, lors des Rencontres d’été à la Chartreuse de Villeneuve-lès- Avignon. En janvier 2015, Aurore Jacob a également bénéficié d’une résidence à la Chartreuse où elle s’est consacrée à Sur/exposition, une pièce dans laquelle elle poursuit la déconstruction d’une parole qui trébuche et tente de se redéfinir. Nourrissant sa recherche sur son écriture par un travail de groupe, elle a fondé Traverse – Collectif d’auteurs, avec six autres auteurs rencontrés à la Chartreuse.

Une résidence / Trois projets

A Mariemont, Aurore Jacob retravaille deux pièces : Seuls les vivants peuvent mourir, texte à paraître chez Théâtre Ouvert, et Enquête sur une évaporation avant oubli. Elle commence également un nouveau projet : Le sens de l’escargot, commande d’écriture pour le comédien Johnatan Semo.

Plongée dans le labyrinthe mental d’un homme-escargot, Le sens de l’escargot se construit à partir des souvenirs d’un ancien architecte qui évoque son enfance, son rapport à l’architecture et à la langue. Dans sa chambre, dans un établissement médical indéterminé, il raconte sa transformation au cours d’un monologue contemplatif qui déconstruit les rouages d’une société où le monde du travail doit être rentable mais où l’humain n’a plus de temps pour s’épanouir. Est-il devenu fou ? Son corps s’est-il vraiment métamorphosé ?

Enquête sur une évaporation avant oubli tourne autour d’une adolescente qui s’apprête à sauter dans le monde adulte. Impossible à cerner, L. ne cesse de s’échapper. Dans cette pièce construite en creux, L. existe avant tout par le regard des autres personnages qui tentent de la définir et de donner une consistance à son identité. Son portrait se construit par fragment. La langue reste à la surface. En apparence. Plus on s’approche d’une vérité, plus les certitudes se dissolvent. Comme un mirage. Comme une impossibilité de représenter une réalité.

Avec Seuls les vivants peuvent mourir, histoire d’une famille qui refuse la mort et ne sait pas vivre, parole et silence sont au cœur du texte. L’impossibilité de mettre des mots, de dire le réel, gangrène les rapports. Dans une famille où la grand-mère n’a plus toute sa tête et la fille a eu un accident de voiture, le père ne sait plus quel rôle jouer, le fils est absent et la mère sauve les apparences. Microcosme familial, cette pièce aborde avec tendresse et poésie, la question de la fin de vie. Comment trouver un sens à l’existence et en profiter pleinement, si la vie n’est plus perçue comme un cheminement avec une fin ? Comment réfléchir sereinement aux questions physiques et métaphysiques de la vieillesse et de la mort si ces dernières nous terrifient et que nous tentons de les nier ? Peut-être en poussant la porte de la petite histoire.

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