Céline Ohrel en résidence à Mariemont

Céline Ohrel / L’autrice

Comédienne, metteure en scène et autrice, Céline Ohrel crée en 2011 sa compagnie Diplex avec Arnaud Poirier, musicien photographe et anthropologue. 
Après Enfant Zéro (2012) et Eden Expérience(s) (Théâtre de La Balsamine, 2016), elle travaille actuellement sur un projet d’installation chorégraphique NOMOREFUTURE / nos morts futures  à Caen (France) et sur Beyond the unccany valley, pièce pour laquelle elle est en résidence d’écriture à La Bellone, à Mariemont et à la Villa La Brugères (Calvados).

Parallèlement à ses projets personnels, Céline Ohrel a été assistante à la mise en scène dans la Compagnie de danse Mossoux-Bonté et a joué notamment pour Galin Stoev, Adeline Rosenstein, Léa Drouet, Thibaut Wenger et Jean-Baptiste Calame.
Sur la saison 2017/2018, elle joue dans Décris Ravage d’Adeline Rosenstein, Orphelins de Denys Kelly (Collectif La Cohue), et Frousse, création de la compagnie Horsd’oeuvre.

 

Beyond the uncanny valley / Le projet

Beyond the uncanny valley, (Au delà de la vallée de l’étrange), raconte une histoire de communication entre morts et vivants via Skype et les logiciels qui permettent de créer des intelligences artificielles.

« Le projet est né suite à un colloque sur la mort auquel j’ai assisté en 2013. Une Anthropologue italienne présentait son travail sur les cimetières virtuels et des avatars post mortem. J’ai ainsi découvert que des sites internet comme « Eternime » propose de créer un avatar de soi avant de mourir afin que celui-ci continue de communiquer avec les vivants via une messagerie numérique ou un système d’appel comme skype.
Quelques temps plus tard j’ai lu plusieurs articles sur la notion de « vallée de l’étrange », inventée par le roboticien Masahuro Ori, qui désigne ce moment, où un être humain se trouve face à une créature qui lui ressemble presque parfaitement (comme un robot humanoïde) et qui génère une sensation de trouble voire de malaise chez lui.

Notre rapport à la mort contemporain se complexifie à l’aune d’un futur qui nous vend l’immortalité comme possible, à portée de main. Je me demande alors si les nouvelles technologies nous libèrent de cette conscience d’être mortel ou nous emprisonnent dans l’illusion d’un monde sans fin et sans limite.

L’image numérique peut-elle nous transformer en zombie de notre vivant ou permet-elle une extension de l’existence nous allégeant du poids de la souffrance et de la perte ? Cette question de la mort version technologique, nous emmène aussi sur un champ de réflexion concernant l’image, et la fictionnalisation du réel et des vivants. Quelles sont les conséquences de la virtualité de l’image sur nos rapports d’êtres humains vivants ? Demain, serons-nous habitués à parler aux disparus comme s’ils étaient encore réels, comme on s’habitue à voir des gens vivants allongés sur le trottoir comme morts…?

Pour se frayer un chemin de compréhension au cœur de toutes ces questions, je voudrais écrire une pièce bicéphale ou morts et vivants continuent de communiquer lors d’une soirée familiale banale où l’on fête les morts de manière numérique. Il s’agit d’un huit-clos entre vivants et avatars post-mortem dans un monde pas si lointain où se côtoient des vivants, des morts et des créatures hybrides issus des nouvelles sciences comme la biologie de synthèse… »

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