Elsa Poisot en résidence au CED-WB

Elsa Poisot / L’autrice

La comédienne Elsa Poisot s’est formée au Conservatoire Royal de Liège et au cours d’ateliers à Glasgow et au Théâtre National Dijon Bourgogne. Depuis sa sortie, elle a notamment parcouru pendant 4 ans les scènes de Belgique et de France avec Chatroom d’Enda Walsh, mis en scène par Sylvie de Braeckeleer, une production du Théâtre de Poche.

Depuis, Elsa multiplie les expériences : mise en scène et assistance mais aussi organisation d’ateliers  ou encore Formation à la Production théâtrale par Compagnonnage à Théâtre et publics…

Avec  Ecarlate La compagnie, fondée en 2009, elle développe des projets autour de thématiques qui lui sont chères : les rapports Nord-Sud, l’identité, le genre.  Ecarlate La compagnie est actuellement porteuse de deux projets pour la saison 2015-2016. L’un, intitulé AUTRICES (Identities hide entities) propose une exploration à travers des lectures publiques et rencontres autour de la littérature du continent Africain, des Antilles et de leur diaspora … au féminin. Le second, Kinky Birds (and brief encounters) est un projet de création dont Elsa assure l’écriture et la mise en scène. C’est dans ce cadre qu’elle est en résidence à Mariemont.

 

Kinky Birds (and brief encounters) / Le projet

« Kinky Birds c’est une histoire de rencontres ou d’absence de rencontres dans le métro, celles qui me hantent, qui devraient, qui pourraient, qui auraient dû avoir ou qui ont lieu. »

Avec Kinky Birds, Elsa Poisot s’inspire d’une réalité vécue, celle des transports en communs, espace où le quotidien se donne en spectacle, où une micro-réalité de notre société se retrouve condensée et où chacun se retrouve confronté à l’autre. Il y aussi ce fait divers qui surgit alors qu’Elsa est en pleine phase d’écriture : l’agression d’une femme dans le métro à Lille…

A la base de ce projet, « L’axe principal de travail, écrire sur les rapports à l’autre, à l’inconnu s’est imposé,  parce qu’il me faut vivre sans cesse avec le choc qui peut advenir tous les jours à l’heure des espaces urbains saturés. Le moment où plusieurs individus sont contraints « par hasard » ou par nécessité à partager un espace restreint. »

Pour mieux saisir ce qui se trame quand des êtres se rencontrent, Elsa s’est  intéressée aux neurosciences, aux travaux sur les neurones miroirs en particulier et à la façon dont s’expliquent les phénomènes d’empathie, de sympathie et les pulsions de violence envers l’autre.

De cette réalité fictionnalisée naît un tableau impressionniste sur les rapports humains d’aujourd’hui, l’empathie, les rapports de genre ou les tensions identitaires.Un tableau dont le résumé pourrait commencer par : Il y a Coron et Chaton qui travaillent dans une centrale téléphonique du Samu Social pendant que deux flics se chamaillent dans un commissariat. Il y a aussi Ludmilla et le Professeur Moiezaam, qui eux, sont entre les mains du thanatopracteur à la morgue.

Pendant ce temps, dans une rame de métro des gens s’ignorent, s’interpellent, se bousculent ou se draguent le temps d’un trajet. En suivant les flux de leur conscience et les mouvements de leurs corps, en suivant le fil de cette trame écrite par Elsa, le public/le lecteur découvrira alors que tous ces personnages ont un point commun et qu’il assiste à une reconstitution des moments qui précèdent et suivent un événement tragique.

elsa

© Marie-­Hélène Tercafs