Fida Mohissen en résidence au CED-WB

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Fida Mohissen / L’auteur

Auteur et metteur en scène franco-syrien né en 1971, Fida Mohissen vit ses premières années à Beyrouth Est. Puis, la guerre force la famille à se réfugier sur le Mont Liban et à recommencer une nouvelle vie dans les faubourgs de Damas en 1976. Après une enfance et une adolescence dans la jeunesse du parti Baas où il suit une formation théâtrale dense, participe à de nombreuses représentations (plus de 150 dates) et commence très tôt à écrire pour le parti, Fida Mohissen refuse à sa majorité d’adhérer au parti et s’inscrit en littérature française à Damas. En parallèle, il intègre la troupe théâtrale de la faculté puis la Troupe universitaire Centrale (institution théâtrale qui a fait émerger grand nombre de noms de la vie théâtrale syrienne). Il y suit une formation d’acteur et crée en 1992 une des premières compagnies indépendantes syriennes, la Troupe « Ouchak al Massrah », soutenue par le service culturel français de Damas. Il dirige aussi les ateliers théâtre du Centre Culturel Français de Damas et prend la responsabilité des activités théâtre à l’École Française de Damas. Invité officiel par la France au Festival d’Avignon en 1992, 1995 et 1997, il est encouragé à poursuivre sa formation en France et s’installe à Paris en 1997.

De 2004 à 2009, il se consacre à la création de Rituels pour des signes et des métamorphoses, du dramaturge syrien Saadallah Wannous (Actes Sud/Sindbad) qui pose les questions du dogme et du libre arbitre, de la religion comme verrou, de l’intime et l’espace public, de la libération des cœurs et la vivification des corps. La pièce est créée au Théâtre Jean Vilar en avril 2009 puis jouée au festival OFF d’Avignon (La Manufacture en 2009 et Théâtre GiraSole en 2010).

En parallèle, Fida Mohissen crée en 2005 le Théâtre Gilgamesh à Avignon qu’il dirige jusqu’en 2010 et la Cie Gilgamesh qu’il dirige depuis 2008. En 2010, il prend la direction artistique du Théâtre GiraSole à Avignon et de 2010 à 2012, il participe à la création et assure la co-direction artistique de AL Wassl, plateforme Arts en Méditerranée, projet interrompu suite à la révolte populaire suivie des événements tragiques qui frappent la Syrie.

En 2012, se joue au Théâtre Jean Vilar, à L’Heure bleue, à L’Aquarium, à La Cartoucherie, et au Théâtre National de Tunis, Le Livre de Damas et des prophéties, une création d’après Le Viol et Un jour de notre temps de Wannous, qui traite des sociétés syriennes et israéliennes d’aujourd’hui. Avec cette création, il poursuit dans le sillon de la pensée de l’auteur qui assure que chaque peuple reconnaissant l’humanité de l’autre peut construire une histoire commune là où la force et la « politique du bras tordu » ont échoué.

En 2013, Fida Mohissen décide de travailler à la création d’un dyptique pour lequel il adapte et ancre dans notre temps le texte de Faouzi Skali : Traces de Lumière (avril 2015) et passe lui-même à l’écriture pour Ô toi que j’aime, ou le récit d’une apocalypse (automne 2016).

Ô toi que j’aime, ou le récit d’une apocalypse / Le projet

Ô toi que j’aime, ou le récit d’une apocalypse aborde le processus de changement, et rappelle que l’histoire d’un bouleversement majeur dans la vie d’un être n’est qu’une suite de petites choses de la vie de tous les jours, et de rencontres avec des gens ordinaires. C’est une histoire d’exil, une histoire d’humain à l’extérieur de l’humanité, de chemins qui se superposent. C’est aussi l’histoire d’une métamorphose.

Un artiste vient en prison pour travailler avec des détenus radicalisés sur un projet de spectacle autour de la figure de Jalaluddine Rûmi, grand poète mystique du 13ème siècle. Cette rencontre provoque une sorte d’électrochoc, vu l’extrême hostilité des salafistes islamistes envers la mystique musulmane, le Soufisme. Cet artiste fait la rencontre de Assile Nour, jeune détenu, un peu à part. La vie de ce jeune homme va être bouleversée par la rencontre de Rûmi et de la poésie soufie, du théâtre et de Ulysse (intellectuel, pétri de la culture française et de l’humanisme du pays des lumières).

Pour déclencher ce processus irréversible qui a tant de mal à s’amorcer, face à la résistance (résistance due à un corps, une tête et un cœur, marqués par le sceau d’une culture multiséculaire, faite de dogmes), la rencontre de la face féminine, Marie-France, permettra le déclic du processus alchimique de transformation, de métamorphose. Avec elle, s’ouvre la possibilité d’avoir raison de toutes les résistances.

Ainsi trois protagonistes vivront au même moment l’expérience de la rencontre de l’autre, une expérience qui les métamorphose. Placés au cœur de notre histoire contemporaine, ils en seront les témoins, les narrateurs et ne tarderont pas à découvrir des parallèles troublantes avec les 13ème et début du 14ème siècle de notre ère, époque de Rûmi.

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